lundi 26 mai 2008

Le Marché




Comment faire un film avec des images du réel?
C'est un sujet qui m'intéresse. Tous individus jouent un rôle. Une vie est un personnage. Mon intérêt se portait sur le point de vue. C'est une chose que je fais souvent, lorsque je croise des gens en ville: je m'imagine leur vie, des petits détails de leur vie... Cette vidéo m'a permis de réaliser à quel point, il était difficile de filmer les gens en mouvement tout en essayant de capter des attitudes, des positions et des moment de solitude.
Poser son regard sur les gens.
J'ai écris le texte audio après avoir filmé, et en fonction des gens que j'avais filmé.
Texte banal sur des gens banals. On se demande si les histoires sont vraies. J'aime beaucoup cette confusion que l'on peut faire en voyant ce film.
Est ce que c'est vrai? si oui, c'est un documentaire, si non, c'est quoi?
Ca ne peut pas être un film car il n'y a pas d'acteurs,... Dans quel registre met on ce film?
Je ne le met nulle part, j'ai décidé qu'il serait à la frontière entre le réel et l'imaginaire.

dimanche 25 mai 2008

Fil d'Or



J’ai vu le documentaire « Les 24 portraits » d’Alain Cavalier. Il a filmé 24 portraits de femme en plein travail. Ce sont des vieux métiers qui n’existent plus ou alors qui n’ont plus besoin de l’homme de nos jours. Ce que j’ai trouvé intéressant dans cette démarche, c’était qu’il leur posait à chacune des questions qui n’avaient aucun rapport avec leur métier, mais qui relèvent plus de l’ordre du privé (la famille, les enfants, le repas de midi, …) On ne sait plus très bien si c’est le portrait du métier ou le portrait de la femme qu’il nous montre.
J’avais l’opportunité de filmer un atelier de tricot. J’avais envie d’aller dans cet endroit, où ces femmes s’y réunissent tous les après-midi pour tricoter et parler de tout et de rien, mais quasiment jamais de leur propre vie.
Je trouvais le lieu propice au travail que je voulais mener sur la vie « vécue » et la vie « rêvée ».
Les sous-titres de la vie « rêvée », se tissent avec la narration de la vie vécue jusqu’à maintenant.
Ce qui m’intéressait, c’était justement que « ce réel », qui est raconté par ces femmes, est idéalisé avec l’âge. Du coup, je ne parlerai pas de ces narrations comme venant du réel, mais comme l’image d’une certaine réalité, une sorte de réalité qui nous est racontée.
Les sous-titres permettent de brouiller les pistes de ce qui a été vécu et de ce qui ne l’a pas été.

« La vie rêvée » des sous-titres, est une sorte de déconstruction de leur propre vie, une remise en question de leur choix. C’est pourquoi, ça leur a été assez difficile d’imaginer leur vie autrement. J’ai dû intervenir dans ces sous titrages, en y rajoutant des éléments, et pousser l’imaginaire. En quelque sorte, j’ai tissé des vies rêvées à partir de petits éléments qu’elles m’avaient fournies.

La Pastourelle


5 personnes vivant dans le même immeuble. Ses vies qui se croisent et qui ne partagent rien. Peut etre seulement un "bonjour" par courtoisie. Dans cette vidéo, on entend ces gens nous raconter une anecdote en rapport avec ce qui leur ont fait rire. On dirait une confession. Les situations qui les ont fait rire, lorsqu'elles sont racontés perdent de leur valeur, et elles nous paraissent plutôt pathétique. Ces portraits figés, qui fixent l'objectif, font miroir. Ca peut nous mettre mal à l'aise, alors s'installe une sorte de distance. Je ne voulais pas que l'on s'attarde aux mimics de ces personnes, lorsqu'ils racontent leurs souvenirs, et je trouvais plus juste et plus fort de leur demander de fixer l'objectif. On se concentre alors sur les histoires, et ca nous laisse une part à l'imagination.

Foyer

2 jours passés dans un foyer (le CCAS).  "A quand remonte votre dernier fou rire?" J'ai trouvé intéressant d'essayer de savoir ce qui peut faire rire des gens qui sont dans un établissement qui les renvoient directement à la fin de leur vie et donc à la mort. Peu de réponses, mais beaucoup de gestes, de mimics, de visages désemparés. j'ai remarqué que ces gens ne parlent pas de eux, mais parlent pour tous. Ils n'existent que par groupe. Ce qui est le plus intéressant, c'est qu'en partant faire un film sur les "autres", je reviens avec une image de moi (de nous tous), à travers leur regards perdus.


Avenue Audiffret

L'idée était de superposé du son et des images qui n'ont rien à voir, afin de créer de la fiction. L'audio, ici, a été pris en dehors de l'immeuble, avec des gens qui ne sont pas ceux que l'on voit à l'écran. Superposé de manière à ce que l'on imagine que ce sont ces personnes que l'on voit qui parlent. Ou même qui ont un rapport avec l'audio. Commes des morceaux de conversations qui auraient été pris dans le couloir de l'immeuble...

Building Green



J’ai pris un film en noir et blanc que j’ai trouvé sur Internet. Ce film montre les premières constructions d’autoroute aux Etats-unis. Sur les images de ce film, j’y ai fait intervenir la couleur « verte », sur les matériaux : le ciment, le sable, les graviers, … .
Mon idée n’était pas de faire intervenir le vert dans un but écologique (contre les constructions d’autoroute, car on tue des arbres, les paysages, …), car ce n’est pas un vert qui fait penser à ça.
Le vert, ici, fait la connexion entre ce que l’on voit, et ce que l’on entend.

La bande audio, aussi prélevée d’un film trouvé sur Internet, est en décalage avec ce que l’on voit.
Je me suis intéressée à l’opposition de ces deux univers. D’un côté on voit des images d’un univers masculin, ces hommes ont les mains dans la terre, souffrent, et de l’autre côté, dans la bande audio, l’homme qui raconte l’histoire parle d’une manière très distinguée.
L’histoire qui nous ai raconté, parle du futur. Nous aurons plus de « vert » comme nourriture à cause du climat, … La rencontre entre cette bande audio et cette vidéo renvoie à la sexualité.

Ces oppositions m’intéressent entre ce que l’on voit et ce que l’on entend, mais il y a aussi une opposition de « milieux » sociaux, ainsi qu’une opposition de temps. Les images sont le témoin du passé, et l’audio nous parle du futur.
Dans ce travail-là, je me suis surtout concentrée sur l’image. Comment le son et la vidéo communiquent entre eux ? Comment donner une deuxième lecture à l’image, en y insérant du son venu d’ailleurs ?
La rencontre entre cette bande audio et cette vidéo renvoie à la sexualité. Les deux séparément ne parlaient pourtant pas de ça. Les deux assemblées en parlent.